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5 octobre 2018

Une nouvelle saison sans le « Sargal Foot Pro 2018 », quelle cacophonie !

Le football sénégalais a certes progressé au niveau des textes et du calendrier mais son management est toujours resté dans le trou de l’amateurisme. Une fédération ou une Ligue de football est comme une société qui demande un bon management. Ce dernier n’est rien d’autre que la mise en œuvre des moyens humains et matériels de la structure pour atteindre les objectifs fixés.


Le Sénégal est l’un des pays qui vante souvent son professionnalisme qui est en vérité un progrès à double visage. Si le championnat se joue toujours jusqu’à sa fin, son déroulement reste toujours une équation difficile à résoudre. Après le sacre du Jaraaf de Dakar, aucun événement n’a été organisé par la Ligue Sénégalaise de Football Professionnelle (LSFP), deuxième instance dirigeante du football local après la Fédération Sénégalaise de Football. Une situation qui met encore une fois en lumière les manquements de cette structure.

Dans les pays respectables qui se veulent respectés, chaque fin de saison est marquée par une cérémonie accordée aux meilleurs athlètes et aux meilleurs équipes de la saison. Une consécration qui, non-seulement donne de la valeur ajoutée au football mais augmente le capital confiance des footballeurs ayant été brillants tout au long de la saison.

La saison de football a démarré démarre ce vendredi avec le tournoi du parlement mettant aux prises les meilleures équipes de chaque division en plus du vainqueur de la Coupe du Sénégal. Une compétition qui ouvre donc la course à la succession du Jaraaf de Dakar (champion Ligue 1), de l’AS Pikine (Championne Ligue 2), du CNEPS Excellence de Thiès (Champion du National) et de Génération Foot (vainqueur de la Coupe du Sénégal).

Si le Sénégal est l’un des pays qui fournit le plus de grands talents au football africain, il reste également le pays dont le football local souffre de sa gestion. Certes le pays de Jules François Bocandé a progressé avec la construction des académies de football moderne comme Diambars, Dakar Sacré Cœur, Génération Foot. Certes le Sénégal a été à la dernière Coupe du Monde Russie 2018. Mais, si le football de ce pays qui produit autant de bons talents n’arrive pas à gagner quelque chose d’importante sur le plan collectif, à l’échelle continentale, sa gestion mérite bien un diagnostic. Là, force est d’admettre que le football souffre également de ses dirigeants.

Le football est un métier qui dépasse le cadre physique et athlétique qu’il dégage. « Le football vous permet de soutenir votre pays sans être violent à l’égard de qui que ce soit. D’une certaine manière, ça remplace la guerre », résume David Ranc, chercheur français spécialiste de l’identité collective dans le football, dans une interview accordée à Challenge. « C’est une manière non-violente de résoudre un conflit (…) et de prendre parti, sans que l’enjeu soit réellement important », ajoute-t-il.

Au Sénégal, la gestion du football ne reflète pas sa vraie valeur et son impact dans la société. Pourtant, c’est l’activité le plus pratiqué au pays du double Ballon d’Or El Hadji Ousseynou Diouf. Un facteur de rassemblement pouvant lutter contre des fléaux qui anéantissent souvent des pays en situation difficile. Exemple du Casa Sport qui est le club où tout fils de la Casamance s’identifie. A chaque sacre de ce club, un communiqué des séparatistes et indépendantistes sort pour saluer la victoire. De quoi rapprocher les cœurs meurtris par un conflit de plus de 30 ans.

« Les fans d’une équipe de football forment une communauté de croyants qui se distinguent par des comportements caractéristiques de la religion », assure à l’AFP Gunter Gebauer, sociologue à l’Université libre de Berlin.

Même si le « Sargal Foot 2018 » se tenait dans une semaine, la LSFP ou la FSF aura raté son rendez-vous parce que la quasi-totalité des meilleurs footballeurs ayant marqué la saison sont tous partis monnayer leurs talents à extérieur.

« La rupture du contrat avec Orange sera sans aucun doute le prétexte des fédéraux pour étouffer les manquements de leur professionnalisme. Mais c’est sûr qu’ils ne font que colmater depuis quelques temps. Ils sont tous dans le tâtonnement », nous lance Mamina Diédhiou alias Mem Prod, producteur de musique et supporter du Casa Sport. « En janvier prochain sera organisée à Dakar, la remise du trophée du Ballon d’Or africain 2018, alors que la LSFP et la FSF n’ont pas célébrer le Meilleur joueur de local etc. », résume-t-il avec un sourire forcé.

Ce qui est sûr, c’est que le management ne se fait pas que dans les sociétés pétrolières, gazières, bancaires etc., mais bien-sûr dans les clubs, les Ligues, les fédérations, bref dans toutes les structures. Et le management n’est rien d’autre que l’ensemble des techniques d’organisation des ressources qui sont mises en œuvre pour l’administration d’une organisation comme la LSFP ou la FSF, dont l’art est de diriger des clubs, des footballeurs, afin d’obtenir une performance satisfaisante.

Bien que les ressources peuvent être financières, humaines, matérielles ou autres mais la capacité des hommes à bien mener les projets doit primer, au grand bonheur du progrès. Si le football local continue ainsi, mieux vaut changer le nom professionnel qui lui est attribué.

Chérif Sadio (Alkalo Balanta), Paris.

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