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23 janvier 2018

Talent Caché : Arona Sané nous dit tout sur l’Atletico Madrid, sur l’équipe du Sénégal et sur le mercato !

Après ses débuts juvéniles sous les ordres d’Ibou Diarra à l’école de football du Casa Sport, le jeune prodige de Jamoral (Néma II), l’un des quartiers les plus populaires de la ville de Ziguinchor, Arona Sané fait aujourd’hui les beaux jours de la réserve de l’Atletico Madrid. Seneprolongations.com est parti à la rencontre de ce jeune « Talent Caché » qui songe à porter les couleurs de son pays, le Sénégal dans un futur proche.



Natif de Sindian (région de Ziguinchor), Arona Sané est l’un des jeunes talents sénégalais les plus prometteurs à l’heure actuelle. Actuellement dans l’équipe B de l’Atletico Madrid, l’allier de 22 ans retrouvé à la salle de presse del Cerro del Espino suite à la victoire de l’Atletico B devant Vallodolid (2-1) s’est livré au micro de seneprolongations.com où il est revenu sur ses débuts à Ziguinchor, son passage à l’Académie de l’Atleti, sa situation actuelle avec la réserve des Colchoneros, sa présélection en équipe nationale et son rêve de jouer dans le haut niveau et porter la tunique des Lions du Sénégal.

Bonjour Arona (Sané), parlez-nous un peu de vous ?

Je suis Arona Sané. Je suis né il y a 22 ans dans le sud du Sénégal, à Sindian. J’ai débuté le football dans les rues de mon quartier à Ziguinchor. Je suis passé par l’école de football du Casa Sport avec Ibrahima Diarra (ex-entraîneur de l’équipe du Casa Sport). Avant d’intégrer le centre de formation de l’Atletico Madrid, j’ai joué quelques matchs avec l’équipe jeune de mon quartier, ASC Jamoral et c’est de là que j’ai réussi aux tests pour venir ici en Espagne.

Vous avez très tôt quitté votre famille, votre pays également. Comment ont été vos débuts en Espagne ?

Le début n’a pas été aussi facile pour moi. C’était mon premier voyage hors du Sénégal. Mais Dieu merci j’ai trouvé qu’il y avait des sénégalais à l’Atletico, et ils m’ont beaucoup aidé. J’ai tissé avec eux des relations qui dépassent le cadre amical. Nous sommes devenus plus que des frères et on continue de s’entendre de temps en temps.

Vous venez de marquer votre deuxième but de la saison face à Valladolid (2-1). Comment jugez-vous votre forme actuelle après une fracture à la fin de la saison dernière ?

Nous avions été prévenus par notre entraineur. Le match n’a pas été facile mais nous avons quand-même gagné. Je suis heureux de marquer et surtout heureux de la victoire, ce qui est le plus important.

Ma dernière blessure était arrivée au moment où tout le monde rentrait pour les vacances. J’étais obligé de rester ici pour suivre ma rééducation. Dieu merci je me suis battu jusqu’à traverser cette période. Aujourd’hui, je me sens bien, je joue et je marque. Je rends donc grâce à Dieu.



Vous êtes régulièrement titulaire avec l’équipe B de l’Atletico Madrid. Que vous manque-t-il pour figurer dans la liste de l’équipe professionnelle ?

Je pense qu’il ne me manque pas grand-chose. Je dirai peut-être que c’est la chance qui me fuit parce que j’ai assez montré mes qualités ici. Sinon, je n’allais pas être titulaire dans l’équipe réserve pendant toutes ces années. Je crois aussi que mon heure arrivera tôt ou tard parce qu’il arrive que je m’entraine de temps à autre avec les pros. Je fais toujours parti des espoirs du club. C’est à moi de continuer à bien travailler pour être appelé chez les pros et jouer en Liga. Et cela va bientôt arriver insh’Allah !

Comment jugez-vous le niveau de la Segunda B ?

La Segunda B est un championnat très élevé contrairement à ce que beaucoup de gens pensent. Il y a dans ce championnat d’anciennes pensionnaires de la Liga qui restent des formations solides. Il y a du niveau et du beau jeu à l’image des autres championnats très médiatisés. Ici, c’est très technique et il y a de très grands joueurs.

Comment vivez-vous la rivalité entre l’Atletico Madrid et le Real Madrid ? Est-ce que le même engouement au niveau des équipes B ?

Le derby de Madrid est la chose que tous les jeunes pensionnaires des académies rêvent de disputer. Il n’y a pas de grandes différence entre celui des pros et le nôtre. Il y a la pression partout même si celui des professionnels est plus médiatisé et plus populaire. Ce qu’il faut savoir, c’est que ce ne sont pas des matchs à perdre. Et j’aime les jouer car ce sont des rencontres qui nous aident à grandir en tant que joueur.

Vous avez une fois été appelé en équipe nationale olympique. Depuis lors vous n’êtes plus revenu. Que se passe-t-il ?

C’est vrai que la dernière fois que j’ai été en sélection, c’était avec Serigne Saliou Dia. On devait jouer contre l’Egypte en 2015 comptant pour la préparation de la CAN U23 qualificatif aux Jeux Olympiques 2016. Le match devait se jouer à Dubaï mais malheureusement, il n’a pas eu lieu. Je faisais parti des 10 expatriés avec Assane Dioussé (St Etienne), Ibrahima Mbaye (ex-Inter / Bologne), etc. Et depuis lors je ne suis plus appelé. Mais j’espère revenir encore parce que c’est mon pays.

Ndlr : voici la liste des lionceaux convoqués à cette époque : Pape Seydou Ndiaye (Niary Tally), Cheikh Ahmadou Bamba Thioub (Jaraaf), Adama Mbengue (Galaxy Foot), Moussa Wagué (Excellence foot), Ibrahima Diédhiou (Kas Eupen, Belgique), Oumar Diakhité (GD Estoril-Praia, Portugal), Mouhameth Sané (Dijon, France), Ibrahima Mbaye (Bologne, Italie), Abdallah Ndour (Strasbourg, France), El Hadj Djibril Diaw (AS Geel, Belgique), Ousseynou Thioune (Diambars), Boubacar Cissokho (Suneor), Abdoulaye Bâ (Niary Tally), Samba Ndiaye (Kas Eupen, Belgique), Mohamed El Habib Daf (White Star Bruxelles, Belgique), El Hadj Assane Dioussé (Empoli, Italie), Arona Sané (Atletico Madrid, Espagne), Sory Keïta (AS Douanes), Dame Diop (Sparta Prague, République tchèque), Moussa Seydi (FC Metz, France), Cheikhou Dieng (Sandefjord, Norvège), Amath Diédhiou (Atlético Madrid, Espagne), Badara Badji (Dinamo Zagreb, Croatie).

Gardez-vous toujours ce rêve de porter le maillot des Lions ?

Bien-sûr que porter les couleurs de son pays est le plus grand rêve de tout jeune footballeur sénégalais. J’ai manqué des compétitions avec les sélections jeunes du Sénégal mais je continue de travailler pour jouer un jour avec l’équipe A. Voilà un objectif que j’ai toujours gardé en moi et je sais que cela va arriver. C’est à moi de tout faire pour être appelé comme ça je montrerai à tout le monde que je suis fier de porter mes couleurs.

Ne pensez-vous pas que jouer en équipe B de l’Atletico peut être un handicap pour vous ?

C’est vrai que le Sénégal a de nombreux joueurs qui jouent dans d’autres championnats. Mais il ne faut pas minimiser la Segunda car c’est un championnat qui peut rivaliser avec d’autres divisions que certains pensent être au-dessus. En plus, le football dépend des qualités et du rendement que peut apporter le joueur. Il y a dans les grands championnats des joueurs qui peuvent etre moins bons que ceux qui sont dans les championnats jugés moyens. Je pense que tout dépend des qualités du joueur.

Avez-vous eu des sollicitations venant d’autres clubs d’Espagne ou d’autres pays ?

Bien-sûr que j’ai récemment eu des propositions mais je n’en sais pas grand-chose puis que c’est mon agent qui s’en charge. Là, je me focalise sur l’équipe tout en gardant mon envie d’être appelé en équipe professionnelle. Je continue de travailler pour être le plus performant possible et tout ira bien insh’Allah !

Que pensez-vous de la poule du Sénégal au Mondial 2018 ?

D’aucuns pensent que la poule est facile mais c’est loin de là. La Colombie, le Japon et la Pologne sont des équipes très difficile à jouer. Ce sont des équipes qui ont de très bons joueurs comme James, Falcao, Lewandoski, Honda, Gilik etc.. C’est à nous de montrer une vraie envie de les battre, et si on se donne comme on sait le faire, on y arrivera insh’Allah parce qu’on a nous aussi de très grands joueurs !

Qui est le « Lion » qui vous fascine le plus dans la tanière ?

En équipe Nationale (Il coupe) ? Je dirai Sadio Mané parce qu’on a beaucoup de choses en commun. Il aime être explosif sur les côtés. Et moi aussi c’est ce que j’aime le plus. Sadio est trop fort dans les un contre un et ça lui réussit bien. C’est vraiment un grand joueur. Il y a aussi Moussa Wagué que j’aime bien parce que tout est bien calculé avec lui. Il sait quand attaquer et quand défendre, surtout avec intelligence.

Quel message avez-vous à lancer à l’endroit du peuple sénégalais qui vous découvrira à travers cette interview ?

Mon message n’est rien d’autre qu’un appel à la paix chez moi, en Casamance où il y a récemment eu une tuerie dont un proche a été victime. Voilà une situation qui brise le cœur de tous les jeunes originaires de cette localité qui se trouve dans le sud du Sénégal. Nous y sommes nés, nous y avons grandis et nous ne pouvons pas mourir sans voir la paix revenir chez nous. Je demande à tout le monde de se retrouver autour d’une table pour faire revenir la paix en Casamance. J’aimerai que ces genres de choses ne se reproduisent plus chez nous. Que la paix revienne afin que nous puissions vivre en paix, sans peur ni bain de sang car le peuple ne mérite pas ça.

Madrid, Espagne (Chérif Sadio)

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